« Les trente savoureuses » :
l’épicerie en gros au service des restaurateurs.


Fils et Petit-Fils de maître d’hôtel, déjà à l’écoute des grands Chefs, Marcel Mirebeau crée la Société de Répartition et Importation de Produits Alimentaires (SORIPA) en 1949 et s’installe à Saint-Maur. Son idée : fournir aux restaurateurs et hôteliers français le meilleur des produits alimentaires et d’entretien conçus spécialement pour eux.
Dans le même temps, André, le grand-père maternel de Christine et Michel-André tient son magasin d’alimentation générale à Paris. Plus tard, il deviendra torréfacteur et inculquera à ses petits-enfants l’art des mélanges des variétés et origines de cafés.
À l’époque, SORIPA innove en proposant une gamme variée de produits à des clients jusque-là habitués à se fournir localement et bien obligés de s’en contenter. Une armée de camions livre, jusqu’à Lyon, les auberges, brasseries et relais gastronomiques. La société profite du grand boum de la conserve des années cinquante. Plusieurs produits exclusifs sont élaborés en partenariat avec des artisans et conserveurs et remportent alors un vif succès : les quenelles de saumon, les godivettes d’escargots…
Lorsque Jacques, Gisèle et Michel reprennent le flambeau, ils conservent l’esprit novateur de leur père et inventent la recette de la garniture forestière, devenue un grand classique. Ils installent dans les années 60 un laboratoire de charcuterie pour fabriquer des produits typiques du Sud-Ouest et mettre au point le foie gras sous vide. Leurs maîtres mots : Qualité, Produits et Service.

Un nouveau site pour une activité en expansion :
La SORIPA s’oriente vers le haut de gamme.

Face à son expansion, l’entreprise quitte le site de Saint-Maur, devenu trop étroit et trop éclaté, pour s’installer en 1978 à Gretz-Armainvilliers. Désormais, elle peut livrer tout le territoire et se lancer dans l’export. La famille Mirebeau se met au service du patrimoine culinaire français pour proposer des produits qui facilitent le travail en cuisine et sort des sentiers battus en inventant des curiosités qui vont faire sa marque de fabrique.
D’autres spécialités vont ainsi faire leur apparition : le mélange aux 5 poivres, la soupe de tortue, les feuilletés, les préparations pour sorbets et pour bavarois…
Michel Mirebeau succède à son frère et sa sœur, et devient l’unique capitaine à bord. L’arrivée des grandes surfaces et des grossistes «cash and carry» le conduit à s’adapter à un nouveau marché : c’est la naissance du concept d’«épicerie fine professionnelle».
L’apparition de la cuisine nouvelle au milieu des années 80 confirme SORIPA dans son évolution : s’orienter vers le haut de gamme, surprendre sa clientèle et innover en permanence. C’est le début des produits originaux comme le vinaigre aromatisé à la framboise, le coulis d’oursin, le cou de canard farci, les mini légumes frais, et les algues déshydratées.

La SORIPA crée son premier laboratoire et devient fabricant de ses produits.

Au début des années 90, ne trouvant plus de fournisseurs assez audacieux, un petit laboratoire est installé près de la cuisine de la cantine pour chercher de nouvelles pistes de développement. «Nous avons commencé de façon très empirique pour devenir de plus en plus technique», explique Michel-André Mirebeau, actuel dirigeant de l’entreprise.
SORIPA Gastronomie se lance dans un premier temps dans la fabrication de vinaigres aromatisés, puis d’huiles parfumées, sélectionne et conditionne des épices rares, des herbes aromatiques inconnues comme l’herbe de bison. Ensuite, d’autres laboratoires sont construits pour produire des moutardes, des pâtes et des fonds de sauces déshydratés. Enfin, un laboratoire aromatique complète le dispositif de fabrication des produits.
«Nous voulons proposer ce que personne d’autre ne fait», insiste Michel-André Mirebeau.

"Think Different" ... des projets toujours un peu fous!

Lorsque la troisième génération reprend la tête de l’entreprise en 1997, elle en profite pour changer sa dénomination en Soripa Gastronomie. L’entreprise accède à un véritable statut d’artisan de l’art culinaire. Son objectif : dépasser en permanence les limites de la création. « Nous sommes à l’épicerie fine ce qu’Apple est à l’informatique », sourit-il. Le laboratoire a quitté la cafétéria pour devenir un véritable lieu de fabrication des idées les plus folles de Michel-André qui place son métier à la frontière de la science et de la gastronomie. « J’ai toujours eu l’âme d’un petit chimiste », raconte ce passionné. Il s’inspire d’ailleurs de la gastronomie moléculaire, une technique qui permet d’oser des alliances de consistances et de saveurs inimaginables il y a quelques années, comme les spaghetti de parmesan ou le sorbet pailleté de foie gras …

La maison produit désormais trois gammes phares : épices, arômes et condiments. Elles s’adressent bien sûr aux restaurateurs, mais aussi aux magasins d’épicerie fine. Toujours à la recherche de nouvelles sources d’épices, les dirigeants de Soripa Gastronomie, peuvent passer plusieurs mois à trouver une épice rare réclamée par un Chef.

Car, ils restent à l’écoute de ceux qui utilisent leurs produits. « Les nouveaux Chefs sont très curieux et demandeurs de conseils, mais nous ne donnons jamais de recettes précises, car le vrai plaisir consiste à faire des essais, assortir les épices et les marier de façon à donner une touche personnelle à une cuisine de passionné ». Avec les arômes en spray, la Soripa a surpris certains chefs. « Nous en avons fait rêver beaucoup d’autres », affirme Michel-André qui garde dans ses cartons des projets toujours un peu fous. Les prochaines nouveautés : des vinaigres sucrés aux couleurs fluorescentes.

Le tout dans un esprit ludique et toujours artisanal, garant d’une qualité rare et originale. Et parce que la curiosité est pour eux comme une seconde nature, lorsque Christine et Michel-André essaient un nouveau restaurant, ils choisissent avant tout les plats qu’ils ne connaissent pas… Toujours attachés aux traditions, ils ne cesseront pas de rechercher et proposer des nouveautés.

Afin de différencier ses gammes de produits et les marchés auxquelles ils s’adressent, Michel‑André a créé plusieurs marques associées à des conditionnements spécifiques. Ainsi les laboratoires fabriquent pour Soripa Gastronomie, mais aussi pour Traditions Culinaires d’Ile de France, Auberge de la Gourmandie, La Maison des Epices, Le Comptoir des Pâtes, Les Saveurs de l’Olivaie, Auberge de la Gourmandie, Toomaï Fine Foods… et d’autres marques de distributeurs spécialisés dans les produits d’exception.

« La Gastronomie n’est pas monolithique, nous préférons parler de gastronomies au pluriel. Chacun trouvera du plaisir, son plaisir, avec des saveurs franches ou plus subtiles, avec des recettes d’antan ou des harmonies nouvelles. La cuisine est avant tout un métier de création et de passion, à nous d’inventer les outils … »